Date : 7 novembre de 16:00 à 17:00 CEST Inscription : Webinaire Teams Intervenants : – Denis Augustin Samnick, Assistant universitaire , Université d’Anvers, Belgique – Siméon Roland Ekodo Mveng, Discutant et ancien travailleur social, Foyer de l’espérance Descriptif : Denis Augustin Samnick témoigne de son expérience personnelle en tant qu’ancien mineur incarcéré et jeune chercheur remettant en question le système pénal au Cameroun. Cela lui a fait prendre conscience que la punition n’est pas la seule mesure politique mise en œuvre par les autorités publiques camerounaises pour lutter contre la délinquance. Il propose le concept d'(in)action publique pour montrer qu’à côté de la mise en scène officielle de la punition, la collaboration entre les autorités publiques chargées de réprimer la criminalité, les délinquants et leurs familles permet également la non-incarcération et la non-punition. Sa position d’ancien délinquant juvénile lui a permis d’observer la combinaison d’actions et d’inactions, qu’il appelle (in)action publique, dans la résolution du problème public que représentent la délinquance ou la criminalité juvéniles. Dans l'(in)action publique, la non-incarcération et l’incarcération, l’enquête et la non-enquête sur les infractions, l’arrestation et la non-arrestation des délinquants coexistent et se contredisent. En entremêlant la non-incarcération et la matérialisation de l’incarcération, l'(in)action publique ouvre la voie à une analyse intermédiaire fondée sur un réformisme critique capable de rassembler tous les acteurs impliqués dans l’arène politique contradictoire et tendue de l’action publique. Les questions sont les suivantes : que pouvons-nous apprendre de cette (in)action publique, en prenant comme point de départ de notre réflexion, l’expérience de l’incarcération et de la délinquance juvénile au Cameroun ? Comment l’expérience personnelle de l’incarcération et son évitement peuvent-ils être pris en compte dans les politiques pénales ? Quelles contradictions sociales et théoriques l’inaction publique et le réformisme critique mettent-ils en lumière dans le domaine des prisons au Cameroun ? Guidée par une analyse épistémique de son expérience de vie et les multiples travaux de terrain qu’il a menés à la prison centrale de Yaoundé au Cameroun en 2015, 2017, 2020 et 2025, cette proposition tente de répondre à toutes ces questions. |